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"Le cataclysme" du VTT français

par La rédaction
Absalon

Publié le 21 août 2016 à 21:28

Aucun des trois français engagés ce dimanche à Rio dans l’épreuve de VTT n’a pu accrocher le podium olympique. Une déception d’autant plus grande que Maxime Marotte s’est classé quatrième, tout près du bronze. Le double champion olympique Julien Absalon s’étant lui contenté de la huitième place.

A dix secondes près, le VTT tricolore sauvait l’honneur de belle manière en arrachant une médaille de bronze ce dimanche à Rio. Las pour Maxime Marotte, derrière les intouchables Nino Schurter et Jaroslav Kuhlavy, c’est l’Espagnol Carlos Coloma qui s’est invité pour compléter le podium sur le site de Deodoro. "Je ne suis pas passé très loin de mon objectif, mais je suis passé à côté... C’est très frustrant d’être aussi près, soufflait à chaud l’intéressé. On peut s’entraîner dix fois, 100 fois, ça ne se passe pas toujours comme on veut… L’Espagnol a été bon, il mérite sa place. Il m’a attaqué une première fois dans la dernière montée, j’ai réussi à revenir, il a alors temporisé puis il m’a attaqué de nouveau et je n’en avais plus autant que lui sous la pédale. Je me suis dit qu’il allait peut-être faire une erreur. On ne sait jamais… Mais non, bravo à lui ! On l’attendait dans le top 10, top 8 maxi. Je crois qu’il ne m’avait pas encore battu cette année. Il a été bon le jour J, c’est le jour de sa carrière !"

Reste, tout de même, la satisfaction d’avoir tout donné et bien figuré ce dimanche sur la course la plus importante de sa carrière jusqu’alors. "Personnellement, c'est une grande saison pour moi, il y avait la pression de la qualification mais ça fait partie du jeu, en France comme en Suisse, on se fait une guerre terrible pour aller aux Jeux. Coloma par exemple avait sa sélection acquise depuis très longtemps, souligne l’Alsacien. Je fais quand même une très belle course au final, une course qui montre une fois de plus que j'ai franchi un palier. J'espère qu'un jour je vais concrétiser tout ça par une médaille sur un grand championnat ou des Jeux et surtout aller chercher une victoire en Coupe du monde." Son compatriote Julien Absalon, lui, a le palmarès bien fourni mais n’affichait logiquement pas le même optimisme après avoir franchi la ligne d’arrivée en huitième position. "Ce n’est clairement pas la journée que j’attendais. J’avais des super sensations hier et avant-hier. Je devais même me freiner pour ne pas trop en faire. Je n’arrive pas à expliquer mon manque de puissance aujourd’hui, je n’avais pas les watts pour revenir vers l’avant. J’ai souffert tout le long, avec des sensations pourries. On essaye de tout préparer et le jour J, ça ne fonctionne pas. Forcément, je suis déçu, pour moi mais aussi pour le staff, qui m’a mis dans les meilleures conditions. Il fallait que je finisse le travail et je ne l’ai pas fini. Je me suis quand même arraché pour garder cette huitième place."

Avec la dixième position de Victor Koretzky par ailleurs, le VTT tricolore repart donc bredouille de Rio. "C’est vrai qu’en VTT on avait un peu de pression car les autres disciplines en cyclisme avaient un peu manqué le coche. On espérait pouvoir rattraper toutes les médailles perdues, on avait les moyens d’en avoir plusieurs hier et aujourd’hui. Ce ne sont pas de grands JO pour le cyclisme français, c’est clair", poursuit le double champion olympique sacré à Athènes en 2004 et à Pékin en 2008. "On repart sans médaille et c'est bien triste, enchaîne Maxime Marotte. C'est dommage parce que je pense qu'on n'a jamais été aussi bien entourés en équipe de France. Ça ne récompense pas le travail accompli en amont, et pourtant on est une nation forte. Ce matin, je me disais qu’il faudrait un cataclysme pour qu’on n'ait pas de médaille du tout et c'est arrivé,  On avait vraiment une très belle équipe, mais ça n'a pas souri aujourd'hui. Le VTT n'a jamais été aussi fort en France, on a laissé de très bons coureurs à la maison. Ça doit être dur pour eux d’ailleurs d'être devant leur télé. Ils méritaient aussi de venir ici. En tout cas, la relève est déjà prête !" Rendez-vous donc dans quatre ans à Tokyo !